Didier BreteauLa Provence en couleurs
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Le bleu que je mélange moi-même

Un pigment acheté une fois l'an à Montélimar, et pourquoi les volets de l'atelier sont d'une couleur qu'aucune boutique ne vend.

Le bleu que je mélange moi-même

Il y a un bleu dans presque chaque toile que j'ai peinte, et ce n'est pas un bleu que l'on peut acheter. Je le mélange moi-même, à partir d'un pigment que je vais chercher une fois l'an chez le même marchand de couleurs à Montélimar. Quand le pigment est épuisé, le bleu est épuisé, et j'attends l'année suivante.

J'en ai peint les volets de l'atelier, il y a des années. Les visiteurs demandent d'où il vient et sont déçus quand je leur réponds qu'il vient de la patience et d'un court trajet au mois d'octobre.

Je me méfie de tout ce qui s'achète déjà fait. Le Midi me l'a appris — le pain, l'huile, la lumière. Rien de tout cela n'arrive achevé. Vous lui donnez votre temps, ou bien vous obtenez quelque chose qui ressemble seulement à ce que vous vouliez.

Signed, D. Breteau