Didier BreteauLa Provence en couleurs
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La toile que je ne vendrai pas

Sur le village sans nom, les coquelicots qui s'invitent, et pourquoi certaines toiles ne quittent jamais les combles.

La toile que je ne vendrai pas

De temps à autre, on me demande d'acheter le village au vieux pont. Je réponds toujours non, et je ne parviens jamais tout à fait à en expliquer la raison à la satisfaction de mon interlocuteur.

Ce n'est pas la meilleure chose que j'aie faite. Mais c'est celle qui approche le plus de la Provence que je porte, plutôt que de celle que je vois — le village sans nom, le pont de pierre sèche, le champ devenu d'or, et au premier plan les coquelicots qui s'invitent dans chacune de mes toiles comme des hôtes qui se savent aimés.

Un atelier a besoin d'une toile dont il ne se séparera pas. Elle tient les autres dans l'honnêteté. Quand je suis tenté d'achever quelque chose trop vite, ou de peindre ce qui se vendra plutôt que ce qui est vrai, je la regarde, et je recommence.

Signed, D. Breteau